18 Juin

Europe-Afrique, quel lien pour l’art ?

 

Dans le cadre du rendez-vous mensuel des Théâtres de la ville du Luxembourg, « les Samedis aux Capucins », une table ronde le 5 juin sur le thème Afrique-Europe. Cette réunion a permis d’évoquer les échanges existants ou non entre l’Europe et l’Afrique, la formation et l’émancipation sur le continent africain et en Occident.

Samedis aux Capucins - Europe-Afrique

Pour nous parler de ces échanges culturels, quatre intervenants ont partagé de leur expérience à cheval entre l’Afrique et l’Europe :

  • Serge Aimé Coulibaly, chorégraphe et créateur de la compagnie Faso danse théâtre et ANKATA, laboratoire de recherche et création dans les arts de la scène au Burkina Faso
  • Aino Laberenz, scénographe et costumière et directrice du Operndorf Afrika, un lieu de rencontres internationales et de formation dans l’art au Burkina Faso
  • Bronwyn Lace, co-directrice du centre Less Good Idea, un espace physique et immatériel dédié à la recherche, à la création et à l’échange dans l’art et au support des artistes
  • Steve Karier, comédien et président de l’absl Fundamental Luxembourg, qui a pour but de promouvoir le théâtre au Luxembourg et au-delà, notamment au Niger, grâce à la construction d’un centre culturel et socio-éducatif

Les relations dans le domaine artistique entre Europe et Afrique:

Ces intervenants expliquent que le manque n’est pas le savoir-faire, mais le savoir-faire technique lié à l’absence ou l’obsolescence du matériel. Il est alors nécessaire d’exporter le savoir-faire technicien et technique, disponible en Europe. C’est ce que ces derniers tendent à faire à travers leurs différents projets d’école, de formation et d’échanges culturels autour de l’art. Plus que cela, leur rôle est celui d’aide et de guide : ils sont créateurs d’opportunité pour les artistes, dès leur plus jeune âge en promouvant l’échange, la discussion et la création.

Souvent, les œuvres artistiques des Africains sont pensées et créées pour être jouées en Europe. Il faut repenser ces rapports à l’art et ne pas créer en se demandant « comment faire pour être importable et se conformer ? » Il est important pour eux, plus d’imposer une vision de l’art en Afrique, de laisser ces derniers se développer, s’exprimer et construire leurs expressions artistiques propres.

A travers ces programmes d’échanges culturels, une nouvelle image différente de l’Afrique, comme territoire du futur et d’opportunités est transmise.

Rendez-vous début juillet pour la prochaine discussion des Samedis aux Capucins ! Pour s’enregistrer aux différentes séances, il suffit de réserver vos places : info@talentlab.lu

Angéla Béron

14 Mai

ARCHIPEL, TROIS EXPOSITIONS, TROIS ESPACES A DUDELANGE

Le projet Archipel présente trois univers différents, qui mettent en scène les liens entre l’homme et son environnement.: un espace, où deux communautés différentes cohabitent, un espace qui sert de point d’observation du monde et du temps, et un espace technologique désaffecté dans le Grand Nord

Présentées dans le cadre du huitième édition de l’EMoPLux, les expositions de Marie Capesius, Rosafa Elshan et Marie Sommer s’inscrivent dans le mouvement du « Rethinking Landscape » (Repenser le paysage). Trois expositions dans trois espaces différents.

Héliopolis, entre « la cité du soleil et l’ombre bleue »

Marie Capesius, diplômée de photographie à Berlin en 2019, présente son projet de fin d’étude, Héliopolis. Elle nous entraîne sur l’île d’Héliopolis, dans la Méditerranée, où elle y a filmé le quotidien des habitants. Partagé entre un camp naturiste et un camp militaire de la marine française, ce territoire mêle deux ensembles totalement distincts : l’un lié à l’osmose des hommes avec la nature, l’autre à l’univers guerrier. Elle invite le spectateur à s’immerger dans un univers ambivalent pour comprendre deux notions, celles de paradis et d’enfer. Plus que de simples représentations du paysage, elle utilise les éléments de la nature pour permettre d’interpréter cet environnement. Pour elle, paradis et enfer forment un tout.

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Marie Capesius, Héliopolis, 2019

Synthèse d’une excursion, voyage dans un quotidien autre

Formée à la photographie à Bruxelles, Rosafa Elshan,s’intéresse au quotidien des choses et des objets, ce qui lui permet de créer une oeuvre dans un espace différent et sans cesse en mouvement. Synthèse d’une excursion illustre ces projets. L’artiste prend comme point d’observation un appartement pour appréhender le quotidien, et utilise un téléobjectif, qui sert à capturer des images en plan serré d’éléments très éloignés. L’intérieur et l’extérieur de l’appartement sont utilisés : tout est sujet à l’art. Les éléments du quotidien de tous types, mais aussi ce que l’on peut voir depuis l’appartement, servent à l’histoire que Rosafa Elshan construit. Ce n’est pas un paysage naturel qui est décrit, c’est un environnement où l’Homme vit.

L’œil et la Glace, aux confins du Grand Nord

Marie Sommer, photographe et artiste-chercheuse au Québec, s’intéresse aux liens entre les lieux et l’archive.C’est le sujet de son exposition L’Œil et la Glace, qui s’attache à explorer un vestige de la guerre froide : la DEW Line (Distant Early Warning Line), un système de défense installé au nord du continent américain pour détecter une invasion par l’URSS. Elle s’est alors rendu sur place pour explorer et capturer ces lieux à l’abandon.

L’exposition est composée d’un film, de photographies d’archives et d’éléments architecturaux des dispositifs radars. Ce n’est pas une œuvre historique qui nous renseigne sur ces constructions, mais une œuvre à part entière, ayant sa propre existence. Elle dévoile un monde technologique laissé à l’abandon par l’Homme dans un espace lui aussi inhabité et en proie au réchauffement climatique : elle montre les transformations de la technologie et du paysage arctique.

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Légende photo : Marie Sommer, L’œil et la Glace, 2021

Texte : Angéla Béron

Héliopolis au Centre d’Art Nei Liicht et Synthèse d’une excursion au Centre d’Art Dominique Lang à voir jusqu’au 13 juin, et ‘Œil et la Glace exposition de Marie Sommer au Display01 du Centre National de l’Audiovisuel de Dudelange, jusqu’au 29 août 2021.

14 Mai

Exposition sur un monde, autre. Karolina Markiewicz et Pascal Piron

Avec Stronger than memory and weaker than dewdrops, Karolina Markiewicz et Pascal Piron nous font pénétrer dans un monde parallèle pour mieux comprendre celui dans lequel nous vivons.

Stronger than memory 1Karolina Markiewicz et Pascal Piron, Stronger than memory and weaker than dewdrops, 2021

Explorant plusieurs champs artistiques, le duo d’artistes utilise la réalité virtuelle pour expérimenter une immersion totale. Ces deux artistes placent l’individu, perçu comme un être, qui oscille entre abandon et espoir au coeur de leur réflexion.

Stronger than memory and weaker than dewdrops s’imprègne de poésie contemporaine pour poser un regard sur le monde et ses complexités. Cette œuvre a pour source d’inspiration, le poème de l’écrivain palestinien engagé, Mahmoud Darwich, If I were another qui exprime les sentiments et les difficultés des victimes de l’exil.  Ressentis et émotions seront au programme de cette exposition.

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Karolina Markiewicz et Pascal Piron, Tamiko Thiel, My Identity Is This Expanse !, 2020

Parmi les œuvres de l’exposition à venir,  film et installation en réalité virtuelle : My Identity Is This Expanse !. est l’histoire d’un enfant qui doit comprendre la dureté de la vie et de l’exil pour se reconstruire. La poésie et l’imagination le guident dans sa résilience. Une exposition à voir et à expérimenter à partir du 18 septembre 2021 au Casino Luxembourg.

14 Mai

Tricoter du lien avec L’absl Mamie et Moi

Recréé par des centaines de personnes, le tableau Petite Histoire, du peintre luxembourgeois Corneille Lertz s’est transformée en une nouvelle oeuvre d’art formée avec carrés de laine.

Une petite histoire de carrésCorneille Lentz (1879-1937), La petite histoire, 1921, huile sur toile, © Les 2 Musées de la Ville de Luxembourg. Collectif au Carré, Une petite histoire de carrés, 2021

L’absl Mamie et Moi, une association, qui voit le tricot comme source de liens entre générations, a lancé le projet de réaliser un tableau en tricot. Depuis le 1er octobre 2020, c’est Petite Histoire du peintre luxembourgeois Corneille Lertz qui a été patiemment reproduit,  à l’aide de la technique du pixel art. Les carrés numériques de couleurs différentes ont été remplacés et assemblés par des petits carrés de tricot,  à la manière d’un puzzle, et après plus de huit mois de travail, il a été possible de mettre sur pied une œuvre de 1,50 m sur 2 m. Cette œuvre géante « Collectif au Carré » tricotée est à découvrir jusqu’au 13 juin 2021 au Lëtzebuerg City Museum. Des ateliers d’initiation au pixel art sur réservation : pendant les vacances de Pentecôte, et le dimanche 6 juin.

Texte : Angéla Béron

6 Mai

Lisa Kohl à l’Abbaye de Neumünster

Jusqu’au 6 juin 2021, dans le cadre de la 8e édition du Mois Européen de la Photographie (EMoP), Lisa Kohl présente sa série LAND(E)SCAPE à l’Abbaye de Neumünster.LISA KOHL ARLES (1)

Cette série regroupe des photographies sur l’oubli : de brefs instants de mémoires. En utilisant des objets abandonnés, oubliés ou perdus, Lisa Kohl crée de nouveaux paysages. Séjournant, en 2016, sur l’île grecque de Lesbos, Lisa Kohl a été marquée par l’arrivée de milliers de migrants turcs. Elle témoigne à travers ses photographies de la vie de ces hommes, femmes et enfants tentant de changer de vie. En utilisant des objets abandonnés, oubliés ou perdus, Lisa Kohl crée un nouveau LAND(E)SCAPE, paysage. La photographie de paysage met en perspective des espaces pollués par nos tendances de consommation, source d’inspiration pour la jeune artiste.

Texte : Marine Marques

 

#exposition #LisaKohl #luxembourgfeminin #AbbayeNeumünster

 

5 Mai

Daphné le Sergent, Silver Memories au Casino Luxembourg

Glisser dans la peau d’un orpailleur, à la recherche du minerai d’argent, c’est l’expérience du visiteur de Silver Memories, une exposition de Daphné le Sergent.

Dans le cadre du 8e édition du Mois de la photographie européenne au Luxembourg (EMOP), l’exposition Silver Memories de Daphné le Sergent, s’inscrit dans le mouvement « Rethink Landscape » (Repenser le paysage). La photographe brise les codes traditionnels de la représentation de la photographie de paysages pour les placer au centre de l’œuvre.

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A travers des photographies de paysages rocheux et un court film, l’artiste nous engage à réfléchir sur les enjeux matériels et économiques de l’extraction du minerai d’argent. Daphné le Sergent pointe ce qui est essentiel à la photographie et qui tend à se raréfier, à cause de sa surexploitation, ce qui pourrait à terme, entraîner une disparition de la photo argentique. A sa manière, elle nous plonge dans l’univers des photographies argentiques : de l’extraction du minerai aux intérêts économiques et à leur potentielle disparition.

Une exposition ouverte au public depuis le 3 avril 2021 et jusqu’au 6 juin 2021 au Casino du Luxembourg.#EMoPLux

Texte : Angéla Béron

 

 

 

 

3 Mai

Le photographe Daniel Reuter à la galerie Nosbaum Reding Projects et au (MNHA)

 

Jusqu’au 12 juin, dans le cadre de la 8e édition du Mois Européen de la Photographie (EMo P), Daniel Reuter expose à la galerie Nosbaum Reding Projet,Oversees. Cette exposition regroupe deux ensembles photographiques History of the Visit (2012-2013) et Beachhead (2017-2018), datés de la dernière décennie, en Islande, où l’artiste vit actuellement.

Daniel Reuter

L’une de ses séries en noir et blanc Cercle, Square, est exposée également au Musée National d’Histoire et d’Art (MNHA), à partir du 7 mai et jusqu’au 17 octobre 2021. Ces images ne laissent entrevoir aucun horizon, pas vraiment de point de vue central, mais des fragmentations et des jeux de texture et d’échelle, qui paraissent comme une espèce de modélisation du paysage naturel.

#exposition #DanielReuter #weekend #luxembourgfeminin #NosbaumReding #MNHA

Texte : Marine Marques

6 Avr

Librorum- Mein Leben als Frau in der Politik, Astrid Lulling

Librorum mettait à l’honneur Astrid Lulling et son livre autobiographique Mein Leben als Frau in der Politik. 320 pages retracent sa carrière en politique.

Astrid Lulling, surnommée par le Républicain Lorrain «  la mémoire vivante de l’Europe », est née, en 1929, à Schifflange (Luxembourg). Très jeune, elle s’intéresse à la politique. En 1950, elle est secrétaire au syndicat ouvrier du Luxembourg et assiste aux réunions préliminaires de la construction européenne. Rapidement, elle devient interprète au bureau de liaison des ouvriers métallurgistes à la CECA (Communauté Européenne du Charbon et de l’Acier) au Luxembourg. Son tempérament et sa détermination lui ouvrent une carrière en politique qui la conduiront à devenir la deuxième femme à siéger au Parlement européen en 1965. Alors âgée de 36 ans, elle conservera son siège, jusqu’en 1974, avant d’être élue à nouveau, en 1989, et de siéger au Parlement européen, jusqu’en 2014. Ayant plus d’une corde à son arc, cette femme admirée par beaucoup de ses collègues, est également membre de la Commission des droits de la femme et de l’égalité des genres et de la Commission des affaires économiques et monétaires. Ayant déjà vécu plusieurs vies, Astrid Lulling partage dans cet ouvrage, ses souvenirs et son combat dans son autobiographie.

couverture livre astrid lulling

 

Astrid Lulling, Meine Leben als Frau in der Politik,  éditions Schortgen, 2018, 320 p.ISBN : 978-99959-36-64-8-19,50 €

#Autobiographie #livre #politique #AstridLulling #EditionsSchortgen #Lecture #LuxembourgFéminin #librorum #europarl

Bureau de liaison du Parlement européen au Luxembourg

 

7 Août

Putain de Facteur Humain – livret de l’exposition

PFH*, au Pomhouse de Dudelange, du duo Karolina Markiewicz et Pascal Piron, nous a fait réfléchir sur la constante confrontation qui se déroule en nous, avec nous-mêmes, dans nos corps et dans nos pensées. A travers une œuvre de fiction où deux méduses ou gorgones se combattent et s’étreignent, ils ont mis en lumière ce qu’on appelle au Québec, selon l’astrophysicien Hubert Reeves, le « putain de facteur humain ». Un être humain peut faire basculer l’Histoire, du mauvais côté, lorsqu’il détourne son regard des enjeux majeurs, ou du bon côté, lorsque qu’il reconnaît ce qui est précieux et se confronte aux enjeux humains et terrestres. Si l’on peut supporter de sacrifier notre putain de facteur humain et de le transformer en un précieux facteur humain, nous pouvons peut-être changer le cours de l’histoire. Ce livret passionnant est l’extension de cette exposition. De nombreuses vues d’exposition et des visuels du travail de Markiewicz et Piron sont complétés par des contributions écrites de Bruce Bégout, Jill Gasparina, Roland Gori, Laura Kozlik, Anne-Laure Oberson et Michel Reilhac. C’est à lire résolument !

*selon l’astrophysicien Hubert Reeves

Editions du CNA

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